• J'ai vu "Merci Patron" de Ruffin...

    J'ai vu "Merci Patron" de Ruffin...Il est parfois troublant de constater comment un phénomène de groupe peut entraîner une déconnexion de la réalité. Le film « Merci patron » de François Ruffin est peut-être bien une concrétisation de cela en ce qu'il a provoqué une sorte de fabuleuse unanimité par la jouissance de voir un grand patron raquer pour ceux qu'il a utilisés et jetés dans la misère.

    Il est parfois troublant de constater comment un phénomène de groupe peut entraîner une déconnexion de la réalité. Le film « Merci patron » de François Ruffin est peut-être bien une concrétisation de cela en ce qu'il a provoqué une sorte de fabuleuse unanimité par la jouissance de voir un grand patron raquer pour ceux qu'il a utilisés et jetés dans la misère. Il faut bien le dire, observer l'apparente déconfiture de Bernard Arnault dans ce film provoque une sorte de catharsis où l'on se sent comme dédommagé de ce que nous fait subir l'ordre économique au quotidien. Le livret du DVD est d'ailleurs très explicite par la plume de Frédéric Lordon nous expliquant que le film annonce le retour du « cauchemar de la droite socialiste : lutte des classes pas morte ! » Effectivement, en visionnant ce film, j'ai bien ressenti que la lutte des classes n'était pas morte mais pas pour les raisons qu'imaginent MM. Ruffin et Lordon. Une étrange sensation m'a en effet assailli, sensation désagréable d'inégalité dans la situation que vivent les Klur (la famille que va sauver François Ruffin) et Ruffin. Étrange sensation qui va me mener vers des doutes encore plus graves.

     

     

     

    Les moments sont nombreux à provoquer ce malaise, tellement nombreux que je me demande comment si peu de personnes s'en soit émues. Pour suivre la première partie de cet article, il est évidemment préférable d'avoir vu le film, mais on peut aussi s'en passer pour comprendre l'idée générale qui viendra ensuite. Le premier moment de gêne donc arrive peu de temps après qu'on ait fait connaissance avec les Klur, quand ceux-ci présentent à Ruffin l'avis de saisi de leur maison ainsi que de leurs meubles (dans le DVD : 25 min 54 sec). L'attitude de M. Klur en particulier me dérange tant on le sent en attente des réaction de M. Ruffin qui va peut-être être en mesure de les sauver par ses compétences sociales.

     

    Cela se précise lors de la « répétition » avant l'arrivée du commissaire (36 min 54 sec) : les Klur se retrouvent en position de gamins à l'école face un petit-bourgeois – M. Ruffin – qui leur dit de recommencer quand ce n'est pas bon. Cette répétition est totalement inutile car, bien sûr, seule la spontanéité peut garantir l'adaptabilité d'une idée à une situation, seule leur spontanéité peut garantir aux Klur qu'ils sauront répondre à la situation créée par l'arrivée du commissaire chez eux. Cette répétition ne sert qu'à montrer la maladresse des prolétaires pour se défendre eux-mêmes et justifie, par là, le recours à la petite-bourgeoisie pour assurer leur intérêt dans la société bourgeoise. D'ailleurs, à 38 min 23 sec, le « non ? » de M. Klur fait vraiment mal au cœur tant on sent le type en mal d'assurance dans une situation où il doit correspondre à une norme comportementale qu'il ne maîtrise visiblement pas. En comparaison, M. Ruffin semble vraiment à l'aise et détendu, presqu'un peu trop d'ailleurs, et charrie – gentiment – ses hôtes.

     

    Les scènes de ce genre se multiplient malheureusement dans le film. On en trouve encore une lors de la préparation du « pic-nique » (49 min 42 sec) devant les Klur par Ruffin (qui, au passage, ne peut s'empêcher de dire que c'est un déstockage « Fakir »… Je ne sais pas mais faudrait quand même un peu de discrétion dans la « générosité » quand même…). Les Klur se demandent pourquoi tout ça, un tel déballage de bouffe et Ruffin répond « pour être gentil » et là Mme Klur répond gênée « si si si si si ! » comme si elle ne voulait pas contredire le bon petit-bourgeois qui est en train de la sauver à propos des convenances d'un monde embourgeoisé dont les prolétaires ne maîtrisent pas les normes.

     

    Et Ruffin de poursuivre « on vous donne 26 000€... »

     

    M. Klur en faisant un geste vers sa tête : « on n'avait pas pensé à tout ça non plus, quoi. »

     

    Ruffin : « Ha ben dis donc, heureusement qu'on est là pour heueueueu... »

     

    Mme Klur rigole gênée (là encore, il faut vraiment regarder le langage des corps).

     

    M. Klur : « Après on l'aurait remercié un peu. »1

     

    Ruffin : « Comment vous auriez remercié, vous ? »

     

    M. Klur : « Ben merci comme ça, en paroles quoi ! »

     

    Ruffin : « Ha c'est bon, ça vous coûte rien quoi ! »

     

    Ruffin les plaisante en les faisant passer, gentiment, pour des radins. Bien sûr, ça n'est qu'une plaisanterie mais on sent qu'il est à l'aise, qu'il se lâche. Les Klur n'ont d'autres choix que de se rattraper, tout ça dans la rigolade bien sûr, en disant : « on n'a pas la tête à... » et puis « on n'a pas l'habitude. » (50 min 40)

     

    C'est d'autant plus énervant de voir cette relation pédagogique voire paternaliste s'instaurer que Ruffin n'a de cesse de mobiliser l'imagerie du garçon de rue, un peu spontané, qui fait le bien du peuple, s'appelant, lui et son équipe, « une bande de pieds nickelés picards ». Je perçois cela comme une tentative de faire passer l'autoritarisme petit-bourgeois sur le mode bon-enfant. Sa posture consiste ici à rendre service à des prolétaires au nom d'une cause, c'est-à-dire de maintenir la relation de domination éthique de la petite-bourgeoisie par rapport à ce qui reste de prolétariat dans le sens où la première aide le second mais pourvue d'un discours politique qui lui donne l'ascendant, condamnant ainsi le prolétariat à recevoir sans pouvoir rendre – ce qui est une façon de le détruire – et surtout de détruire son rapport au monde, rapport basé sur l'immédiateté au profit de l'expérience petite-bourgeoise du monde basée sur la médiation. D'ailleurs, il est intéressant de voir la réaction de Mme Klur quand (35 min 19 sec) Ruffin leur annonce qu'il ne pourra être présent lors de la venue du commissaire Digeon (mystère sur ce nom : il a été anonymisé. Bien sûr, il a tout à fait pu refuser de céder son droit à l'image mais alors pourquoi cacher aussi son nom…) : elle semble prendre peur à l'idée de se retrouver sans Ruffin face à ce monsieur. Voilà ce qui se passe quand ce petit-bourgeois de Robin des Bois vous dépossède de votre propre lutte.

     

    Les scènes infantilisantes s'accumulent au point d'accentuer gravement le malaise. Ainsi cette scène dans laquelle Ruffin décide finalement d'apparaître devant le commissaire au nom inconnu. Se faisant passer pour le fils Klur, il se déguise un peu et met une veste. Les Klur lui disent que la veste est de trop. Ruffin l'enlève puis se tourne vers son équipe et leur dit (52min 05 sec) : « Bon, qu'est-ce qu'on fait sérieusement ? » (Notons que le « sérieusement » disparaît des sous-titres). Là, c'est de la stratégie pour savoir comment Ruffin arrivera quand le commissaire sera là. C'est du sérieux, pas comme les histoires de chiffons, qu'on laisse aux prolo. Quand c'est de la stratégie, il ne demande plus leur avis aux Klur mais aux petits-bourgeois qui l'accompagnent. Le prolétariat est vraiment dépossédé de sa propre défense : à lui les apparences et les enfantillages, à la petite-bourgeoisie la stratégie…

     

    Il y a encore une scène qui mériterait d'être interprétée, c'est celle de l'acte 5 – le CDI – où Ruffin se remet à faire la leçon aux Klur. Je laisse le lecteur assister à ce triste spectacle (en particulier à 1h 14 min 34 sec)...

     


     

    Ce qu'il y a de grave avec ce film, c'est qu'on a les mêmes réactions quasi-hébétées qu'avec Amélie Poulain. La belle unanimité qui règne à son endroit stérilise toute réflexion un tant soit peu critique. Comment se fait-il que personne n'ait relevé le profond déséquilibre qui règne dans la relation qu'instaure la petite-bourgeoisie avec le prolétariat dans ce film ? Ça ne choque plus personne ? On en est là ? Frédéric Lordon, dans le livret d'accompagnement du DVD écrit que le film n'a aucune visée analytique ou pédagogique. Certes, cependant M. Ruffin instaure avec les Klur une relation quasi-pédagogique. Comment M. Lordon peut-il être aveugle de cela ? Ce film est un rêve éveillé de la petite-bourgeoisie : un monde où le salariat et l'exploitation perdureraient mais menés justement, « équitablement ». Quelle genre de lutte des classes nous propose M. Ruffin ? Une lutte individualiste, faite en catimini, dans l'arnaque, qui ne remet rien en cause. En cela, M. Lordon a raison : le film n'explique rien, ne mène à rien mais permet juste à un petit-bourgeois déprimé (c'est ce que M. Ruffin a répété à l'envi sur les plateaux TV) de se payer une bonne tranche de rigolade en activant des mécanismes sociaux de contestation petite-bourgeoise de la bourgeoisie (quand le salariat n'est pas « équitable », par exemple) tout en débridant les freins de la domination éthique de la domination petite-bourgeoise sur le prolétariat. Ce qu'il y a de jouissif dans ce film, c'est que c'est la petite-bourgeoisie qui mène la danse selon ses normes morales et à travers un pédagogisme paternaliste.

     

    Il y a certainement là une des clés du succès de « Merci patron » (apparemment plus de 500 000 entrées). La petite-bourgeoisie y voit un combat conforme à son habitus, combat qui mène au succès. La bourgeoisie quant à elle ne voit rien de mal à ce que des petits-bourgeois viennent la contester sur l'application de ses propres valeurs – sans les remettre en cause – car, il faut le rappeler, le film est une tentative de réconciliation des classes sociales. Certes, cela est présenté comme une blague sauf que… Analysons le parcours de notre Robin des Bois petit-bourgeois, M. Ruffin. Tout d'abord, le film reçoit le César. La présentation qui en est faite est intéressante : « son but [à M. Ruffin], toucher le cœur du PDG Bernard Arnault puisque l'usine appartient à son groupe. » Effectivement, la propriété du capital n'est pas contestée, le show peut commencer. M. Ruffin, le (pseudo)contestataire, se retrouve donc au milieu d'une belle brochette d'emplumés du show biz, un lieu où, on peut en être sûr, la contestation va marquer des points… Donc, M. Ruffin est venu chercher son susucre et a fait un discours avec, derrière lui, un décor où pleuvent des sortes de paillettes. Un discours magnifique récité sous une salve d'applaudissements du public, tous ces emplumés du show biz qui, le reste de l'année, servent la soupe au capital en abrutissant la population avec une culture insignifiante et dépolitisée. Donc, tout ces collabo pétés de tunes applaudissent car finalement, le scandale, c'est que les valeurs bourgeoises ne soient pas appliquées comme il faut, c'est cela le scandale. Voir des députés bien en sécurité et des ouvriers insécurisés est un scandale qu'il faut dénoncer (par contre, on ne conteste surtout pas la légitimité de l'idée même de représentation politique). M. Ruffin se fait le porte-voie des exploités pour informer les riches de leur condition de vie. Et de demander au président d'alors, M. Hollande, de montrer que ce qu'il avait affirmé n'était pas qu'un mensonge, que son vrai ennemi est la finance, et qu'il « se bouge le cul » (il dit des gros mots devant des riches, quel toupet!). Comme ça, les riches ne pourront pas dire qu'ils ne savaient pas…

     

    Bon, honnêtement, tout le monde sait bien que cette démarche est inutile. La bourgeoisie sait qu'elle met le monde à feu et à sang pour son intérêt. Elle est une classe sans surmoi. La démarche d'un Ruffin qui vient informer les puissants de la misère est celle de l'intermédiaire qui feint de ne pas comprendre que son intérêt personnel n'est pas en adéquation avec l'intérêt général. Pourquoi Ruffin vient-il aux Césars ? Dans l'espoir de faire changer les riches d'attitude en les informant ? Mais ils ne sont pas réformables. Dans celui de faire parler de son film ? C'était déjà fait et je doute que la séance des Césars ait ramené beaucoup de spectateurs en plus. En fait, M. Ruffin est venu briller dans la société des riches pour son propre compte en activant la fiction qu'il sert la cause des opprimés. Cette démarche est bonne pour plein de monde : lui gagne en prestige dans la société bourgeoise et la bourgeoisie passe pour une classe peu informée du malheur qu'elle répand. Ainsi, les fondements de la société bourgeoise restent intouchés. Les actes sont bien loin de certaines paroles de Ruffin qui disait devant Apathie qu'il voulait renverser l'oligarchie. Pourquoi des Ruffin et autres Lordon passent-ils encore dans les médias ? Parce qu'au-delà de l'affichage, ce sont des sociaux-démocrates sans aucune radicalité, parce qu'ils ne croient pas eux-mêmes à une possible destruction du salariat et du capitalisme et n'en dépassent pas les limites (j'ai expliqué ça ici). Ces gens-là sont des confirmations de toutes les théories sur la lutte des classes. Nous avons certainement là la raison du fait qu'un Ruffin passe encore dans les médias. Mais je dois dire que j'ai un doute encore plus profond quant au film lui-même.

     

     

     

    Tout ce qui suit est une hypothèse peut-être un peu paranoïaque mais je la livre quand même car j'ai appris à faire confiance à mes intuitions. Je dois dire que le personnage du commissaire, dont le nom est volontairement rendu inaudible, me pose question. Ce type se vante devant les Klur et M. Ruffin déguisé en fils des Klur d'avoir pris un des membres de Fakir (il se trouve que c'est Ruffin lui-même) par le pantalon et de l'avoir éjecté (58 min 22 sec). Donc, ce commissaire, qui serait un ancien des Renseignements Généraux, collaborateur de Squarcini chez LVMH, qui aurait éjecté Ruffin de l'AG LVMH et qui ferait une fixation sur Fakir, ce pro-là, donc, se retrouve au coté de Ruffin, à peine déguisé, et ne le reconnaît pas… Bon, d'accord, peut-être… Mais c'est quand même vachement bizarre.

     

    Dans le même ordre d'idée vient la fameuse clause de confidentialité. Arnault l'exige pour verser le pognon. Or elle pose problème à Ruffin puisqu'il ne peut faire le film si elle est toujours active. Un piège est donc tendu à LVMH pour la faire annuler et M. Jamet se retrouve à dire à M. Ruffin, en tant que journaliste de Fakir, que les problèmes des Klur sont réglés, ce qui montre que l'information a fuité coté LVMH et que par conséquent la clause est caduque. Cette construction-là me semble étrange également. En effet, l'info a fuité mais au journaliste qui justement a tout manigancé ! Après coup, il aurait été facile à Arnault de dire que la clause était toujours en vigueur puisque l'ensemble de l'histoire était un coup monté et que c'est vers l'instigateur de ce complot, et lui uniquement, que l'information a fuité. Or, le fait est que M. Arnault en est resté là. Il n'est pas allé cherché des poux aux Klur sur cette histoire. Bon, peut-être aurait-il été trop compliqué niveau com' de les poursuivre. Certainement…C'est quand même un risque que Ruffin fait prendre à la famille Klur.

     

    Le fait est également que si Arnault avait été tellement embêté par cette histoire, ce nigaud de Ruffin n'aurait pas été récompensé aux Césars. Arnault a largement de quoi faire étouffer une telle affaire et il ne l'a pas fait… Ruffin passe sur les ondes dans des conditions également étranges, à l'image de son passage chez Apathie sur Europe 1 (cette vidéo de Didier Porte est peut-être ironique mais quand même pose question...). La bourgeoisie n'a pas l'air d'être gênée par cette histoire et a autorisé sa diffusion. Parce qu'au final, que montre ce film ? Un grand patron qui fait un geste pour de pauvres gens que la dure réalité économique à mis dans la difficulté. Bon, certes, il est celui qui les a mis dans cette situation mais quand même, il fait un geste, il n'est pas un monstre froid. De plus, quelle ligne défend un Ruffin en général ? C'est un progressiste, un de ceux qui pensent que la Révolution française était une révolte populaire qui a amélioré notre condition. On est vraiment très loin de la conception d'un Louis Althusser qui écrivait : « La Révolution française a eu avant tout pour objectif et résultat [...] de faire passer le pouvoir d'État de l'aristocratie féodale à la bourgeoisie capitaliste-commerciale, de briser en partie l'ancien appareil répressif d'État et de le remplacer par un nouveau […]. »2 Il y aurait beaucoup à dire sur ce passage de l'Ancien Régime à ce monde de multinationales dans lequel nous vivons, à tout ce que nous y avons perdu, mais bornons-nous à reprendre en partie ce que dit Michéa sur la gauche et sur son alliance objective avec le capital, ce depuis le début. Le monde que désirent un Ruffin ou un Mélenchon n'est pas fondamentalement différent de l'actuel : les valeurs restent fondamentalement les mêmes (genre : l'émancipation concerne l'individu, les Droits de l'Homme, etc.) et l'on ne ferait que rééquilibrer certaines données pour parvenir à une forme d'équité (l'égalité passe ainsi à la trappe). En gros, le problème reste celui identifié par Marx et Engels quand ils écrivaient : « Les pensées de la classe dominante sont aussi, à toutes les époques, les pensées dominantes, autrement dit la classe qui est la puissance matérielle dominante de la société est aussi la puissance dominante spirituelle. La classe qui dispose des moyens de la production matérielle dispose, du même coup, des moyens de la production intellectuelle, si bien que, l’un dans l’autre, les pensées de ceux à qui sont refusés les moyens de production intellectuelle sont soumises du même coup à cette classe dominante »3. Si Ruffin a accès aux moyens industriels de diffusion de productions intellectuelles, c'est parce qu'il est un progressiste, tout comme Bernard Arnault : tous veulent un monde différent, où l'humain serait meilleur, voire amélioré (que l'on pense au transhumanisme, au mouvement LGBT, au féminisme et autres non-violents). Les différences ne sont que des variations sur le même thème. C'est pourquoi Ruffin n'est pas ostracisé par les médias, parce qu'il n'est pas dangereux.

     

    Et je le revois sur cette scène lors de la remise des Césars, se tenant jambes écartés devant le micro, comme s'il était un rebelle alors qu'il n'est qu'un laquais du capital. Misère de misère : la petite-bourgeoisie a toujours pensé que son intérêt personnel correspondait à l'intérêt général. Ce faisant, elle mine toute possibilité de renverser le pouvoir actuel, idée qui, de toute façon, dépasse largement ses limites intellectuelles. Ce n'est que dans la société bourgeoise que la petite-bourgeoisie peut bénéficier de ses avantages de dominé (genre faire de la pédagogie avec des prolétaires et, quand ça marche bien, recevoir des récompenses symboliques telles des Césars). Ce faisant, elle se condamne à subir les affres de ses ambiguïtés, à exécrer les effets des causes qu'elle adore. Quoi qu'il en soit, la suite logique du parcours d'un Ruffin ne pouvait être que la députation4. Il ira loin ce petit…

     

    1D'ailleurs, à ce moment, 50 min 30 sec, M. Klur n'est pas très audible et dit, d'après les sous-titres, « après on l'aurait remercié un peu ». Personnellement, j'entends « oui mais après, après, on vous aurait remercié un petit peu ». Si ma version est la bonne, ce n'est pas la même chose. M. Klur est gêné par cette histoire de remerciements qu'il n'avait pas vu venir et tente de se rattraper en disant que c'est M. Ruffin qu'ils auraient voulu remercier.

     

    2Louis Althusser, Sur la reproduction – Idéologie et appareils idéologiques d'État, Paris, PUF, p. 281.

     

    3 Karl Marx – Friedrich Engels, L’idéologie allemande, Paris, Éditions Sociales, 1976, p. 44.

     

    4Il y aurait certainement beaucoup de choses à dire sur « La France Insoumise », sur cette petite-bourgeoisie en quête d'un führer qu'elle pense avoir trouvé avec ce franc-maçon de Mélenchon ; Mélenchon qui se caractérise par l'immense mépris qu'il voue aux militants qui viennent le contester comme en attestent plusieurs vidéos. Il n'est pas exclu que ce type devienne un jour président, si la situation économique et sociale se dégradait suffisamment : la bourgeoisie saurait lui abandonner un temps l'apparence du pouvoir pour qu'il soit soit le sauveur du capital comme l'a été Blum, soit un traître, comme l'est Tsipras.

     


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