• Commentaire sur les commentaires de l'article sur la crise du coronavirus

    Voilà quelques jours que j’ai publié cet article sur la crise du coronavirus. Ce n’est certainement pas mon meilleur mais il a néanmoins eu la qualité de me faire apparaître un fait que je trouve de plus en plus frappant : la fin de la réflexion.

    Cet article était une tentative d’exploration de l’événement sans précédent qu’est la crise du coronavirus. Tentative menée avec les moyens du bord vraiment puisqu’en fait, nous sommes réduits à attendre les décisions de nos maîtres pour savoir à quelle sauce nous allons être mangés. Quoi qu’il en soit, j’ai tenté de présenter quelques statistiques qui remettent en cause les chiffres officiels. Et là, je me retrouve face à plusieurs remarques de lecteurs qui me disent que les chiffres sont faux. Je suis tout à fait prêt à reconnaître d'éventuelles erreurs et je ne souhaite qu'apprendre d'elles. Mais quand je leur demande ce qui leur fait dire cela, je n’obtiens que de vagues réponses, en particulier basées sur la saturation des services de réanimation à cause du Covid, un lecteur (un professeur comme par hasard) allant même jusqu’à m’avouer que ça ne pouvait pas être vrai puisque « tous les épidémiologistes disent le contraire » et là, inutile de tenter de remettre en cause l’idée de cette supposée unanimité des épidémiologistes, d’expliquer qu’il ne s’agissait que d’un argument d’autorité sans valeur, il m’a été tout simplement impossible de terminer une phrase tant la verve de mon interlocuteur me répondait avant même de savoir ce que j’avais à dire. En discutant, un fait est apparu : aucun de ces lecteurs n’a vérifié les sources, aucun n’a cliqué sur les liens présents dans l'article. Ils n’ont pas vérifié mais ils savaient qu’ils n’étaient pas d’accord.

     

    En fait, on se retrouve désormais dans le débat face à des comportements de consommateurs qui ne sont pas en recherche de vérité mais en quête de confort intellectuel. Et ce confort ne peut advenir qu’en dehors de toute remise en cause des préjugés. D’ailleurs, un autre fait troublant est que la notion même de vérité est en voie de disparition, éliminée par le relativisme. Comme chacun a sa vérité, rien n’est vrai, ou alors le contraire, tout est vrai. À partir de là, la seule grille de lecture valide est celle du procès d’intention : "tu as écrit ça car tu veux démontrer cela pour valider l’avis que tu avais avant" (sous-entendu : "parce que tu es, comme moi, un consommateur et que tu n’es en recherche que de ton confort et de ton plaisir, pas de vérité"). La ficelle a déjà été largement usée par les féministes et montre l'absence totale de rigueur et de capacité de vérification dans ce mouvement (exemple pour rigoler : demandez à une féministe quelle est l'étude qu'elle a lue qui valide par une démonstration l'existence de l'inégalité de salaire h/f à condition égale). S'il n'y avait que les féministes... L’idée même d’une recherche disparaît, l’idée de rechercher la vérité, même si elle est déplaisante, s’efface devant la démarche du consommateur d’idées. On va au supermarché des idées et l’on achète celles qui nous semblent les plus jouissives, refusant les moins confortables. L'idée de vérité disparaît car elle n'est plus issue de cette démarche qui consiste à jauger autant que faire se peut la proximité d'un discours  avec la réalité, elle ne correspond plus aujourd'hui qu'au confort que me fournit ce discours. Ainsi, si une idée, un discours, me plaisent, alors je leur attribue le titre de "vrais". Si une idée est déplaisante, elle est fausse. On en est là.

     

    Derrière cela, c’est aussi la fin de la pensée qui pointe. C’est tout simplement l’oubli de notre capacité à nous concentrer sur un sujet. L’esprit aujourd’hui est totalement pris en charge. Il est sans cesse sollicité par des schémas et classifications hétéronomes, des idées préfabriquées ou des occupations de loisirs toutes plus stupides les unes que les autres. Les classifications hétéronomes font fonctionner l'intellect par équivalences. L’esprit moderne peine à trouver l’autonomie et à exister en dehors de la domination. Ainsi, une personne m'expliquait que l'UPR appartenait à la dite "fachosphère" (donc on a bien là une équivalence avec une classification, une catégorie ("fachosphère") qui n'a aucune rigueur : UPR = fachosphère). Quand je lui demandais son argumentation, elle me répondit que c'était ce que tout le monde disait! On en est là! L'esprit ne fonctionne plus que par équivalence, avec des classifications toutes faites. Ainsi, si vous êtes contre le féminisme, c'est que vous êtes contre les femmes et l'égalité. Si vous êtes contre les migrations, c'est que vous êtes contre les migrants et la rencontre des peuples, etc. La pensée est morte à notre époque.

     

    Cette perte d’autonomie est consubstantielle des temps modernes et est une des explications de la laideur qui envahit ce monde. Sans autonomie, l’esprit lui-même s’enlaidit, les idées s’affadissent au point de disparaître au profit de règles, de catégories et de principes fabriqués ailleurs. Le consommateur remplace et le rêveur et le penseur. Cette standardisation de l’esprit est une bénédiction pour l’oligarchie fasciste qui tient l’État qui n’a plus qu’à donner à ses décisions la forme des principes les plus en vogue de l’époque. C’est exactement comme cela qu’ont d’ailleurs procédé les équipes de campagne électorale d’un Obama ou d’un Macron, en manipulant des métadonnées sur l’opinion publique. Les méthodes de publicité prennent alors place, en toute logique, dans le monde politique. Telle est certainement une des formes du fascisme à notre époque. Mais attendons de voir le cataclysme qui semble être en gestation pour voir quel type de dictature totalitaire cela va engendrer. Le pouvoir fasciste nous annonce déjà que, pour notre sécurité, il va falloir porter des masques dans les transports en commun. Cette population débilifiée, incapable de réflexion, s'entêtant à s'informer chez ses ennemis, faisant comme si elle ne savait pas que les médias dominants sont au service du capital, refusant avec une haine morbide la pensée critique, cette population donc se jette dans les bras du fascisme et nous mène droit vers le totalitarisme. Les temps qui s'annoncent vont être terribles.

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